Membres fantômes
By Max Well
(Couplet 1)
À la table du dimanche, ils étaient tous réunis,
Toute la maison s’animait de débats infinis.
Aux douze coups de midi, le poulet était servi,
Une photo de famille pour arrêter la vie.
Ils se passaient les plats, le poivre et le sel,
Ils se battaient surtout pour n’pas faire la vaisselle.
Ils s’ennuyaient parfois mais riaient plus souvent,
Et ils s’étaient jurés que ça durerait tout le temps.
(Refrain)
Certains s’effacent sans vraiment partir
Ils laissent un vide qu’on continue de sentir
Le mal est là mais on veut encore y croire
Comme un membre fantôme qu’on n’voit plus dans l’miroir
(Couplet 2)
À la table du dimanche quelques chaises se vident,
La table paraît plus grande et les regards livides.
Ils mettent toujours le couvert, peut être par habitude,
Puis retirent les assiettes, souvent par lassitude.
Les silences s’étirent, on ne sait plus quoi se dire,
Ils parlent des absents en forçant quelques sourires.
Peut être qu’ils reviendront quand ils auront fait leur vie
Mais plus les années passent, plus le lien s’oublie
(Refrain)
Certains s’effacent sans vraiment partir
Ils laissent un vide qu’on continue de sentir
Le mal est là mais on veut encore y croire
Comme un membre fantôme qu’on n’voit plus dans l’miroir
(Pont)
Il y a la chambre de l’aîné, devenue un débarras
Où l’on entasse les souvenir qu’on n’regardera même pas
Les photos sont rangées dans un tiroir en bois,
Du temps où ils vivaient, encore tous sous l’même toit
Les souvenirs s’effacent, abimés par la poussière
Les rires se sont perdus pour quelques mots de travers
Ils se sont quittés, peut être par accident
Ils se retrouveront, seulement aux enterrements
(Dernier couplet)
À la table du dimanche, comme toutes les semaines,
Elle garde une chaise vide, au cas où l’un d’eux ne revienne
Elle pose les mêmes assiettes, en espérant en vain
Que sa famille, un jour, arrive main dans la main
Elle regarde son téléphone, attend encore un appel
Juste quelques mots pour savoir s’ils pensent à elle
À la table du dimanche, une seule personne restera,
Jusqu’au jour où plus personne ne la mettra.
(Refrain)
Certains s’effacent sans vraiment partir
Ils laissent un vide qu’on continue de sentir
Le mal est là mais on veut encore y croire
Comme un membre fantôme qu’on n’voit plus dans l’miroir